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Les Baoulés accordent une grande importance aux masques lunaires qui servent lors des fêtes dansantes.
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L'art africain

1 - L'art africain en général

L’Afrique noire compte un grand nombre d’ethnies qui se différencient par leurs cultures et leurs dialectes. Il existe donc plusieurs styles dans l’Art africain. Cependant il y a aussi beaucoup d’échanges et de mélanges entre les différents styles. Il n’y a pas de cloisonnement des ethnies, mais au contraire une interpénétration culturelle et artistique. L’art africain constitue donc un tout, et on peut lui conférer un certain nombre de caractéristiques propres à tout le continent.
L’art africain traditionnel est un art de sculpture (statues et masques). Ce sont les occidentaux qui lui ont attribué le titre d’art, puisque pour les Africains ces objets sont des objets sacrés servant au culte religieux et aucunement des objets décoratifs. Ces masques et statues sont utilisés au cours de cérémonies. Ils personnifient le plus souvent des ancêtres morts ou des divinités.

La matière principalement utilisée est le bois, mais les sculpteurs utilisent aussi de l’argile, de l’ivoire, de l’os, de la pierre et des alliages de métaux. Les sculptures sont parfois enrichies d’éléments de décoration tels que colliers, cornes, poils ou plumes d’animaux. Les sujets sculptés sont principalement des êtres humains et certains animaux.
La sculpture africaine est plus souvent symbolique que réaliste. Ce qui importe ce n’est pas ce que l’on voit mais la signification profonde de l’objet dans sa dimension religieuse et sociale.

2 - Les ethnies

Les Dogons

Les Dogons sont originaires de la région Mandé située au sud de Bamako (Mali) à la frontière Guinéenne. Ils durent quitter cette région au XIIème siècle lorsqu’ils refusèrent de se convertir à l’Islam. Ils installèrent leurs villages en haut de la falaise Bandiagara (300 m de haut sur 200 Km de long) située au centre-est du Mali afin de se protéger des attaques. C’est là que vivent toujours les 400 000 membres de leur communauté.
Cultivateurs et éleveurs, les Dogons vivent très sobrement et refusent la propriété matérielle. Leurs villages ont une architecture compliquée très spécifique à leur ethnie et porteuse d’une signification religieuse.
Le chef spirituel du village, le Hogon, est un ancien choisit pour sa sagesse et nommé à vie. Il prend les décisions principales pour le village et fait régner l’ordre. Les Dogons vénèrent un Dieu unique, Amma, ainsi qu’un serpent mythique, le Lébé. Le sacré et la religion sont présents dans chaque geste de la vie quotidienne.
Récemment les Dogons ont connu des conditions climatiques difficiles (sécheresses et invasions de criquets) obligeant une partie d’entre eux à migrer vers les pays voisins.
L’art Dogon est célèbre pour ses masques utilisés lors de danses traditionnelles mettant en scène des événements de la mythologie ou de l’histoire du peuple Dogon.

Les Baoulés

Le peuple Baoulé est originaire de l’actuel Ghana et occupe aujourd’hui l’est de la Côte-d'Ivoire. Au XVIIIème siècle, à la suite de divisions au sein du peuple Achanti habitant l’actuel Ghana, une partie de la population se déplaça vers l’ouest. Au cours de cet exode, la reine dû sacrifier son enfant au génie d’un fleuve puissant afin de pouvoir faire traverser son peuple et le mettre à l’abri. C’est ainsi qu’ils prirent le nom de « baoulé », qui signifie « l'enfant est mort ».
Aujourd’hui les Baoulés font partie du groupe ethnique akan de la Côte d’Ivoire et on recense plus d’un million d’individus.
La société Baoulé est une société égalitaire. Chaque village fonctionne de façon autonome, et les décisions sont prises par le conseil du village. Le chef, homme ou femme, n’a une autorité que relative.
Les Baoulés croient en un dieu créateur, aux esprits surnaturels et à l’immortalité de l’âme.
Chaque Baoulé possède une statue représentant son époux(se), qu’il emporte partout avec lui. Les autres statues Baoulé servent majoritairement d’abris pour les esprits. L’art Baoulé se caractérise par son réalisme par rapport à l’art des autres ethnies d’Afrique noire.


Les Sénoufos

Venus du Nord, les Sénoufos (qui appartiennent au groupe ethnique voltaïque) occupent aujourd’hui un territoire situé à la croisée de la Côte d'Ivoire, du Mali et du Burkina Faso. Ils sont environ 600 000.
Peuple de cultivateurs pacifique, les Sénoufos ont pour principale divinité la Terre. Ils vénèrent également plusieurs esprits de la brousse, et ont la particularité d’honorer plus particulièrement les oiseaux. L’oiseau serait l’un des cinq premiers animaux apparus sur la terre (avec le caméléon, la tortue, le serpent et le crocodile). L’oiseau est aussi l’animal qui transporte les âmes des morts dans l’au-delà.
Un rituel d’initiation en trois étapes permet à chaque garçon de devenir, à l’issue de la troisième étape, un sage du village. Il est alors dispensé de ses fonctions de cultivateur et participe à la direction du village. Chaque village fonctionne de façon autonome et n’entretien que peu de rapports avec ses voisins.
Les masques Sénoufo ont une importance particulière au moment des funérailles. Ils permettent au mort d’accéder à l’au-delà. Il passera alors de cette vie à une autre, et renaîtra ainsi sept fois avant de s’accomplir totalement. Les masques ont donc pour rôle de faciliter le passage d’une vie à l’autre en apaisant la crainte du mort et en demandant aux ancêtres de l’accueillir parmi eux.


Les Dans

Originaires du Haut Niger, les Dans (qui appartiennent au groupe ethnique mandé) occupent aujourd’hui l’ouest de la Côte d’Ivoire et l’est du Libéria. Ils sont environ 250 000.
Peuple guerrier d’agriculteurs, restés très proches de la savane et de la forêt, les Dans pratiquent des rites d’initiation incluant une période d’isolement de plusieurs mois dans la forêt.
La société Dan est une société égalitaire où la femme joue un rôle social important. C’est pourquoi l’art Dan est particulièrement connu pour ses masques féminins d’une grande beauté au front bombé et aux yeux cylindriques.

3 - La symbolique

D’une statue

Les statues africaines représentent généralement davantage des hommes et des femmes que des animaux. Les proportions du corps sont rarement réalistes. La statue est sculptée de manière à insister soit sur un aspect propre de la personne (on souligne sa beauté exceptionnelle, ou bien une situation bénéfique telle que la maternité) soit sur son rôle social (que l’on devine d’après la taille de la statue, la position du corps ou encore le type de coiffure).
Les statues peuvent aussi représenter des divinités ou des génies de la nature honorés lors de cérémonies ou bien suppliés pour obtenir la guérison d’un villageois ou des conditions climatiques favorables. Les statues sont en fait l’habitat matériel d’une force spirituelle, que l’on veut amener à résider dans le village afin de pouvoir soit l’honorer si c’est une force positive, soit essayer de l’amadouer si c’est une force négative, soit l’influencer si c’est une force capricieuse telle que la fécondité.


D’un masque

Beaucoup de masques africains représentent un visage mi-humain mi-animal (par exemple avec des cornes, un bec d’oiseau ou encore des plumes ou des poils collés), symbolisant ainsi la proximité des hommes avec la brousse et permettant d’associer les forces de la nature. Le masque est en fait le lien entre l’homme et les puissances occultes.
On trouve de grands masques-heaumes que le danseur s’enfonce jusqu'aux épaules, des masques faciaux qu’il porte devant son visage, et enfin de petits masques que le danseur attache sur son front.
Les masques peuvent avoir deux rôles.
- Il existe les masques de célébration ou de divertissement, utilisés au cours des fêtes. Ils représentent souvent de façon tantôt réaliste tantôt symbolique des personnes du village que les danseurs veulent mettre en valeur. Leur danse est alors une sorte de pièce de théâtre mettant en scène ces villageois et célébrant leurs hauts-faits guerriers, leur beauté exceptionnelle ou leur sagesse.
- On trouve ensuite les masques d'initiation et les masques de conjuration, utilisés lors de cérémonies particulières réservées aux hommes. Lors de ces cérémonies on pratique des danses, des chants, des sacrifices et des incantations afin de purifier le village en chassant toutes les forces mauvaises (notamment après un décès) ou afin de prononcer la justice lors de conflits entre villageois. Les masques ont donc un rôle protecteur du village, en permettant de repousser les risques de guerres, de maladies, de mauvaises récoltes, de stérilité ou d’affrontement entre villageois.

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